Frère Vincent de Léglise  - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennes« La vie religieuse nous permet de nous tenir plus disponibles pour une rencontre avec le Christ, et creuse en nous ce désir d’une amitié toujours plus grande avec lui. Cette amitié, époustouflante puisqu’il s’agit d’être intimes avec Dieu, appelle à une vie ensemble où elle pourra devenir le principe fondateur de nos existences. Si c’est là l’horizon de la vie religieuse, chacun de nous peine souvent dans le quotidien Nos disponibilités réelles à la conversion sont faibles, et bien souvent, nous n’avons plus ni l’envie ni la force de nous transformer. L’amertume de l’échec ou la culpabilité de ne pas être à la hauteur nous rejoignent parfois, et nous ne sommes plus sûrs d’avoir choisis la bonne voie. Ces moments là, nous les traversons toutes et tous. La vie religieuse n’est pas un long fleuve tranquille, bien lisse qui nous pousserait vers la mer de la sainteté. Savoir que nous ne sommes pas seuls dans ces moments est un viatique : il y a le Christ qui donne sa vie sur la Croix et des frères et des sœurs qui avancent avec nous, nous portant un peu en avant. »

Couverture du livre de Jean-Claude Lavigne « Pour qu'ils aient la vie en abondance", Des vies de Frères, le BLog des Frères des Écoles ChrétiennesCes quelques lignes, c’est le dominicain Jean-Claude Lavigne qui les a écrites – elles sont tirées de son dernier livre sur la vie religieuse, « Pour qu’ils aient la vie en abondance ». Pourtant, ça aurait pu être moi. En tout cas, j’aurais aimé les écrire, tant elles traduisent ce que je ressens aujourd’hui… À un moment où notre District de France des Frères vit une période décisive pour son avenir (et c’est un euphémisme de le dire), un vertige destructeur pourrait m’empêcher de poursuivre ma route sur les pas du Christ. Pourtant, je me sens porté…

Par Jésus qui m’aide à garder le cap, malgré mes doutes et mes faiblesses.

Par mes Frères, aussi ; ceux de ma communauté et tous les autres que je rencontre lors des conseils de district ou lors de moment plus informels… par exemple, durant ces quelques jours passés en l’abbaye bénédictine d’En Calcat, près de Toulouse, avec Frère Jacques-Vincent, venu de Bretagne spécialement pour passer avec moi un temps de ressourcement, de détente et de partage. Oh… rien de bien extraordinaire… beaucoup de simplicité, dans ces moments de « re-création » (pour reprendre une autre expression de Lavigne)… Mais n’est-ce pas à travers cette simplicité que l’on touche la Vérité ?

Alors, à tous, bon Carême empreint de simplicité !