Frère Paul Cornec - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesComme beaucoup de laïcs et de Frères, les Frères Visiteurs sont amenés à participer à des sessions ou des rencontres au plan local, national ou international. Ce sont des lieux d’enrichissement sur le plan humain et spirituel.

Au mois de novembre dernier, s’est tenue à Lourdes la Conférence des Religieux et Religieuses de France. Frère Aloïs, de Taizé est intervenu pour parler de la vie religieuse. Je vous partage quelques extraits de son intervention. Vous pouvez aussi écouter Frère Aloïs prononcer ces phrases.

. Vue de La grande Chartreuse, des vies de Frère, le blog des Frères des Écoles chrétiennes

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, des vies de Frère, le blog des Frères des Écoles Chrétiennes «À la Grande Chartreuse, j’ai vu des moines qui sont comme les Pères du désert et qui vivent sans prétention. Quand j’ai dit au prieur qu’ils étaient un signe de l’absolu, il m’a répondu : «Notre vie est très simple, parfois même banale.» Puis il a ajouté : «C’est vrai, nous visons un absolu, mais nous devons surtout apprendre à vivre avec notre humanité, et croire, même si nous ne voyons rien, que Dieu accomplit quelque chose dans notre vie.»

Pour les Chartreux, la spiritualité est sans prétention. Aujourd’hui, on cherche tellement une spiritualité qui arrondit l’existence, qui donne un accomplissement, un épanouissement. Là-bas non : il s’agit d’abord d’offrir son humanité à Dieu, et d’accepter que Dieu fasse le reste.

Nous tourner vers Dieu, tels que nous sommes, avec ce qui est bon, mais aussi avec les obscurités, et même avec les fautes. Dans la prière, dire quelques paroles, mais parfois être là seulement avec notre corps, dans le silence.

Là est peut-être le cœur de ce que nous apprenons des moines de la Grande Chartreuse : accepter une pauvreté, un manque profond, dans la vie et parfois même dans la prière.

Les Chartreux ne quittent jamais la vallée où ils habitent. Ils ne voient qu’un versant de la montagne, ils ne voient jamais l’autre versant. Nous aussi, nous devons consentir à ne pas voir toute la réalité. Nous ne voyons pas l’autre versant de notre existence et de notre prière et de notre vie à la suite du Christ. Osons alors offrir à Dieu ce que nous sommes. Acceptons de ne pas voir tous les versants de la vie, sinon nous occuperions la place de Dieu.»

Frère Aloïs, de Taizé