Frère Alain le Coq  - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesQuelques événements personnels récents, de prime abord insignifiants, m'ont donné l'occasion de réfléchir à la confiance qui tisse le quotidien de ma vie.

Alors que je me trouvais récemment dans une salle d'attente à l'hôpital de Cayenne, une petite fille de deux ans, très vive, se dirigea vers moi m'offrant un large sourire tout en se jouant des injonctions de sa mère qui dût finalement la reprendre dans ses bras, éberluée et amusée de l'« audace » de sa progéniture. Étonnant qu'une petite fille vienne ainsi vers l'inconnu que j'étais, moi, « un métro » d'un âge certain et aux cheveux blancs ! Pour elle, aucune barrière, aucune méfiance, mais une confiance toute naturelle. Visage (2) illustrant le billet de Frère Alain Le Coq - Des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles Chrétiennes

Alors qu'une jeune fille, venue récemment du Guyana, vint frapper à la porte de la communauté pour rencontrer l'un de mes confrères qui lui donne depuis peu des cours de français, je lui dis qu'il était absent pour la journée et qu'il lui fallait revenir le lendemain. Elle hésita puis s'en alla, sans rien dire. Quelques minutes plus tard, on frappe de nouveau à la porte. Je me trouve à nouveau face à l'adolescente, toute timide, qui me supplia : « Can you help me ? » Je la fis entrer puis, après un échange en anglais, je commençai à revoir avec elle les questions/réponses incontournables en début d'apprentissage de français. J'ai alors décelé chez elle une immense satisfaction. Là aussi, je trouve étonnant qu'une jeune surmonte ainsi le handicap de la langue et sa grande timidité pour s'adresser à quelqu'un qu'elle n'avait qu'entrevu. A la fin de la rencontre, elle n'a pas hésité à répondre à mes questions et à évoquer les conditions difficiles dans lesquelles elle vit.

Visage (3) illustrant le billet de Frère Alain Le Coq - Des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles ChrétiennesQuelques jours plus tard, je me retrouvais à Kourou face au médecin spécialiste que j'avais rencontré à Saint-Laurent un mois auparavant. J'ai été frappé de la totale confiance que je lui témoignais, me remettant entre ses mains, sans la moindre hésitation.

Finalement, j'ai le sentiment que la confiance se présente comme le cadre naturel de nos relations aux autres et qu'elle se situe au cœur même de nos aspirations. Malheureusement, la méfiance semble être de règle dans notre société et faire confiance ou donner sa confiance à quelqu'un trop facilement risque d'être taxé d'incongruité voire de grande naïveté. N'aurions-nous pas intérêt malgré tout à redécouvrir toutes les richesses que recèle la confiance et la considérer comme un des plus beaux cadeaux que nous puissions offrir ou recevoir ?