L'équipe de Saint Laurent du Maroni, illustration du billet de Frère Jean Johner sur des vies de Frères, le blog des Frères des Ecoles Chrétiennes

Frère Jean Johner - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesUne nouvelle année scolaire vient de commencer et, avec elle, un certain nombre de changements dans nos communautés. Naguère, les Frères d'un district arrivaient à la retraite annuelle avec leur petit baluchon, et repartaient éventuellement pour une nouvelle implantation indiquée par l'obédience qu'ils recevaient du Cher Frère Visiteur. Cela ne se fait plus exactement de la même manière. Nos Supérieurs s'évertuent à composer des communautés humainement viables, en tenant compte, autant que possible des aspirations de chacun, suivant les besoins de la mission.

A Saint-Laurent du Maroni, nous passons de 3 à 5 Frères, car la nouvelle école vient de s'ouvrir et une équipe éducative en a pris la charge, avec deux lasalliens civils. Il faut donc prendre des repères un peu différents et s'adapter à chacun.

Un de nos grands Frères, Michel Sauvage disait : « Les Frères de notre communauté sont un don de Dieu, mais ça n'est pas toujours un cadeau ! ». Chacun a son caractère, son vécu, sa santé...

Couverture du livre de Bruyere, illustration du billet de Frère Jean Johner sur des vies de Frères, le blog des Frères des Ecoles ChrétiennesPour l'un, il est urgent d'attendre. L'autre fonce tête baissée. Celui-ci sait tout. Celui-là ne peut pas faire une phrase sans dire : « Je ne sais pas. ». Un autre a peur de son ombre alors que son confrère témoigne d'une assurance à toute épreuve. Il y a le charmant maniaque, l'éternel brouillon, celui qui se laisse vivre, tel autre complètement insouciant à côté du stressé perpétuel, le discret, le bon vivant, l'abstinent, le « gueulard », le rêveur, l'humoriste, le sérieux comme un pape, le dépensier, le grippe-sous, l'intellectuel, le manuel, le bavard, le muet...

Dans ma précédente intervention sur ce blog, j'évoquais les difficultés de la vie conjugale. La vie communautaire n'est pas toujours facile non plus. Mais, si les défauts s'additionnent, il en est de même des qualités et, chacun y mettant du sien, on possède une richesse commune inestimable.

Chaque matin, en conclusion de mon oraison, je demande le soutien de Dieu : « Seigneur, aide-moi à être aujourd'hui non seulement un don de Toi, mais aussi un cadeau pour ma communauté ? » Et le soir, je me pose la question : « Est-ce que le don de Dieu que je suis pour ma communauté a été un beau cadeau pour mes confrères aujourd'hui ? »