Des vies de Frre

F. Jean Johner

En septembre 2008, Frère Jean JOHNER a répondu, avec deux autres Frères, à l’appel du Frère Visiteur-provincial de France pour fonder une nouvelle communauté à St Laurent-du-Maroni en Guyane française avec les objectifs suivants : favoriser l'implantation d'un centre scolaire et éducatif, être présent dans le tissu social, associatif et ecclésial en étant attentif aux besoins de la population immigrée, notamment, celui de l'apprentissage du français.

Nouvelle étape, en Août 2010, avec l’arrivée de Frère Matthieu HETROIT, Héloïse et Pierre-Marie pour prendre en charge l'école primaire qui n'était pas encore construite. Il a fallu mettre en place les bungalows provisoires (ce dont s'est chargé Frère Bruno DAGUIN, nouvellement arrivé également), et inscrire des élèves en faisant du porte à porte à partir d'une liste d'attende communiquée par la mairie. La rentrée s'est finalement faite le 13 Septembre avec 50 élèves répartis en CP, CE1 et CE2.

Le rôle de précurseur de Frère Jean s'est donc arrêté là, ce qui lui a permis, dans un premier temps, de revenir en Métropole. A partir du mois de Janvier 2011, il reprendra ses cours de français auprès de jeunes Surinamiens et sa participation à l'aumônerie des collèges-lycées ("Flamme d'Amour") et, si cela s'avère nécessaire, contribuera aux heures de soutien auprès des élèves du "Centre Scolaire et Educatif La Salle" qui vient de démarrer.

Pour le meileur et pour le pire

Frère Jean Johner - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesCes temps derniers, nous avons appris, coup sur coup, que plusieurs couples de nos amis se séparaient ou passaient par de grosses difficultés. Monique déménage avec sa fille et son garçon adolescents, laissant son mari seul dans leur appartement commun.

Frédéric reste en Guyane alors que Caroline retourne en Métropole avec ses deux petits. Nous avions célébré leur mariage l'an dernier.

Corinne a repoussé la date de son baptême car elle n'arrivait pas à pardonner à son mari volage.

Heureusement, d'autres couples nous apportent le témoignage de plus de bonheur : Caroline toute heureuse avec son troisième compagnon et leurs deux garçons.

Nous avons reçu l'invitation suivante : « Joël, Elise et Jonathan sont heureux de vous faire part du mariage de leurs grands parents, Elisabeth et Matthieu... ». Je me souviens du visage rayonnant d'Elisabeth, à la fin de la cérémonie, alors qu'elle venait de communier, elle qui en avait été privée depuis bien longtemps.

Dans une lettre pleine de foi et d'espérance, Mme C., 85 ans, m'annonce la mort de son mari, après 60 ans de mariage :« Si la lampe s'éteint, c'est que le jour se lève . »

Pour le meilleur et pour le pire, Frère Jean Johner - des vies de Frères, le blog des Frères des Ecoles ChrétiennesEn ce dimanche de la Trinité, nous, Frères des Écoles Chrétiennes, avons renouvelé nos vœux : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, prosterné dans un très profond respect, devant votre infinie et adorable majesté, je me consacre tout à vous, pour procurer votre gloire autant qu'il me sera possible et que vous le demanderez de moi... »

Nous avons relu récemment ce passage de Mc 10, 28-31 : « ...Personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs...sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple...avec des persécutions et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »

J'ai eu la chance d'avoir des parents très unis et très chrétiens militants. Aussi, j'ai du mal à réaliser les difficultés que doit vivre un couple. Je prie pour que mon engagement religieux ne soit pas un refuge, mais qu'il me permette néanmoins, d'être attentif aux épreuves que doivent surmonter les gens mariés. Les vocations sont diverses et Dieu accorde à chacun la force de vivre la sienne en plénitude : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » (2 Co. 9)

Frère Jean JOHNER

La Lampe ne doit pas être mise sous le boisseau

Frère Jean Johner - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesLa lettre de mission qui avait été donnée à notre nouvelle communauté, comportait le paragraphe suivant :

« Inscrire la communauté dans le paysage ecclésial. C’est une communauté religieuse de Frères qui se crée. La communauté devra être identifiée clairement : par son rythme de prière, par son train de vie modeste, par une certaine façon d’aborder les questions, par une visibilité à trouver. »

En Guyane, il n’existe pas de congrégation masculine laïque. Il y a eu des Frères de Ploërmel au XIX° siècle qui ont exercé une grande influence, puisqu’un quartier de Cayenne porte leur nom. Mais, depuis un siècle, il n’y a que des prêtres (Spiritains, Oblats de Marie Immaculée et Franciscains). Alors, dans l’annuaire diocésain, nous étions assimilés aux « mouvements et associations » !

Synode - Frère Jean Johner - des vies de Frères, le blog des frères des ecoles chrétiennesIl nous a donc fallu nous faire connaître en tant que Frères des Ecoles Chrétiennes. A une réunion des directeurs des écoles, collèges et lycées de l’enseignement catholiques du diocèse, j’ai distribué abondamment notre littérature : « Projet éducatif lasallien », « les lasalliens en France », « l’école lasallienne », « Pour que les jeunes aient la vie ».

Notre diocèse est en synode. Avec mon confrère Louis, nous avons été désignés pour représenter cette catégorie « spéciale » de religieux que sont les « Frères ». Au cours de la cérémonie d’ouverture de la session inaugurale, nous avons été parmi les premiers délégués à être appelés.

Au niveau local, les jeunes du Mouvement « Flammes d’Amour » que nous accompagnons chaque semaine pour un partage de la parole de Dieu, une initiation à la messe ou à la Bible, un rassemblement de louange…nous appellent « Frères » désormais. Les catholiques de Saint-Laurent ont pris l’habitude de dire : « Chez les Frères » pour désigner notre maison…

Maintenant que nous sommes visibles, il nous reste à montrer ce que ça signifie « être frère » : le plus dur reste à faire ! Que notre disponibilité, notre attention à tous, en particuliers à ceux que nous aidons en alphabétisation ou à l’aide aux devoirs, notre train de vie modeste, notre vie de prière… nous classent sans ambigüité parmi ceux qui recherchent avant tout « le royaume de Dieu ».

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