Des vies de Frre

F. Jean Johner

En septembre 2008, Frère Jean JOHNER a répondu, avec deux autres Frères, à l’appel du Frère Visiteur-provincial de France pour fonder une nouvelle communauté à St Laurent-du-Maroni en Guyane française avec les objectifs suivants : favoriser l'implantation d'un centre scolaire et éducatif, être présent dans le tissu social, associatif et ecclésial en étant attentif aux besoins de la population immigrée, notamment, celui de l'apprentissage du français.

Nouvelle étape, en Août 2010, avec l’arrivée de Frère Matthieu HETROIT, Héloïse et Pierre-Marie pour prendre en charge l'école primaire qui n'était pas encore construite. Il a fallu mettre en place les bungalows provisoires (ce dont s'est chargé Frère Bruno DAGUIN, nouvellement arrivé également), et inscrire des élèves en faisant du porte à porte à partir d'une liste d'attende communiquée par la mairie. La rentrée s'est finalement faite le 13 Septembre avec 50 élèves répartis en CP, CE1 et CE2.

Le rôle de précurseur de Frère Jean s'est donc arrêté là, ce qui lui a permis, dans un premier temps, de revenir en Métropole. A partir du mois de Janvier 2011, il reprendra ses cours de français auprès de jeunes Surinamiens et sa participation à l'aumônerie des collèges-lycées ("Flamme d'Amour") et, si cela s'avère nécessaire, contribuera aux heures de soutien auprès des élèves du "Centre Scolaire et Educatif La Salle" qui vient de démarrer.

Envoyés pour servir

Groupe de religieux participants au synode de Guyane, des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles Chrétiennes « Envoyés pour servir » (Jean 17, 18)

Frère Jean Johner - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesDu 6 au 9 Mars, notre Église de Guyane était en synode. Le premier depuis 50 ans que le diocèse existe. La deuxième assemblée, cette année, portait sur le monde des jeunes. J'y étais délégué, en tant que religieux, parmi 250 autres membres, dont une quarantaine de jeunes.
 Ici, l'assemblée synodale, c'est d'abord une rencontre festive : les chants, la danse, les célébrations en diverses langues (français, créole, kalina des indiens, sranamtongo des noirs, portugais des brésiliens)... expriment la joie et la fierté d'être chrétiens, et la volonté de partager ce bonheur avec le plus de monde possible.

Groupe de participants au synode de Guyane, des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles ChrétiennesSaint-Laurent, deuxième ville du département, compte officiellement 33 000 habitants, dont 17 000 d'âge scolaire. En comptant les enfants du caté, les jeunes qui font partie d'un mouvement (Flammes d'Amour, M.E.J., etc.), ceux qui participent à la messe dominicale... l'Église touche peut-être un millier de jeunes. Quant aux 16 000 autres ?

Comment le synode peut-il aider à prendre en compte ce monde des jeunes ?

Un certain nombre de propositions ont été faites, parmi lesquelles les délégués devaient choisir des priorités. En voici quelques unes :

• Que dans chaque collège et dans chaque lycée soit créé, à la demande des parents -comme c'est la règle- une « aumônerie » permettant aux jeunes de continuer, sous d'autres formes, la formation chrétienne commencée avec le catéchisme.

• Que le site internet du diocèse ait une page jeune, rédigée par les jeunes et le service diocésain de la pastorale des jeunes, et que les adultes et les prêtres le visitent régulièrement.

• Que les catéchistes aient une formation pédagogique sur la relation avec les enfants, les ados...

Pour ma part, en tant que F.E.C., je suis intervenu à plusieurs reprises pour que, non seulement, par exemple, on se mobilise pour prier afin qu'il y ait des prêtres et des religieux(ses), mais qu'on mette en place des structures qui permettent d'accompagner les jeunes dans leur vie de tous les jours, par exemple, les aumôneries.

logo du synode de Guyane, des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles chrétienneLes célébrations étaient animées par les chorales des jeunes des différentes paroisses de Cayenne et des environs qui communiquaient leur enthousiasme à toute l'assemblée.

Les instituts religieux avaient été invités à composer un panneau pour faire connaître leur congrégation. Nous étions donc à côté des Pères du Saint Esprit, des Oblats de Marie Immaculée, des Sœurs de Saint Joseph de Cluny et celles de Saint Paul de Chartres, des Franciscains et de la communauté Shalom, mouvement charismatique brésilien qui a une communauté à Cayenne. Le but était de faire mieux connaître ces différents types de vie religieuse, tant aux jeunes qu'aux adultes.

Trois jours de prière, de réflexion, de rencontres auxquels j'étais heureux de participer, enrichi de toute cette vie communautaire qui se veut l'Église du Christ en Guyane.

Don et/ou Cadeau ?

L'équipe de Saint Laurent du Maroni, illustration du billet de Frère Jean Johner sur des vies de Frères, le blog des Frères des Ecoles Chrétiennes

Frère Jean Johner - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesUne nouvelle année scolaire vient de commencer et, avec elle, un certain nombre de changements dans nos communautés. Naguère, les Frères d'un district arrivaient à la retraite annuelle avec leur petit baluchon, et repartaient éventuellement pour une nouvelle implantation indiquée par l'obédience qu'ils recevaient du Cher Frère Visiteur. Cela ne se fait plus exactement de la même manière. Nos Supérieurs s'évertuent à composer des communautés humainement viables, en tenant compte, autant que possible des aspirations de chacun, suivant les besoins de la mission.

A Saint-Laurent du Maroni, nous passons de 3 à 5 Frères, car la nouvelle école vient de s'ouvrir et une équipe éducative en a pris la charge, avec deux lasalliens civils. Il faut donc prendre des repères un peu différents et s'adapter à chacun.

Un de nos grands Frères, Michel Sauvage disait : « Les Frères de notre communauté sont un don de Dieu, mais ça n'est pas toujours un cadeau ! ». Chacun a son caractère, son vécu, sa santé...

Couverture du livre de Bruyere, illustration du billet de Frère Jean Johner sur des vies de Frères, le blog des Frères des Ecoles ChrétiennesPour l'un, il est urgent d'attendre. L'autre fonce tête baissée. Celui-ci sait tout. Celui-là ne peut pas faire une phrase sans dire : « Je ne sais pas. ». Un autre a peur de son ombre alors que son confrère témoigne d'une assurance à toute épreuve. Il y a le charmant maniaque, l'éternel brouillon, celui qui se laisse vivre, tel autre complètement insouciant à côté du stressé perpétuel, le discret, le bon vivant, l'abstinent, le « gueulard », le rêveur, l'humoriste, le sérieux comme un pape, le dépensier, le grippe-sous, l'intellectuel, le manuel, le bavard, le muet...

Dans ma précédente intervention sur ce blog, j'évoquais les difficultés de la vie conjugale. La vie communautaire n'est pas toujours facile non plus. Mais, si les défauts s'additionnent, il en est de même des qualités et, chacun y mettant du sien, on possède une richesse commune inestimable.

Chaque matin, en conclusion de mon oraison, je demande le soutien de Dieu : « Seigneur, aide-moi à être aujourd'hui non seulement un don de Toi, mais aussi un cadeau pour ma communauté ? » Et le soir, je me pose la question : « Est-ce que le don de Dieu que je suis pour ma communauté a été un beau cadeau pour mes confrères aujourd'hui ? »

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