Un baptême, une profession de foi ou une confirmation, voilà souvent l’occasion du coup de fil d’un ancien ou d’une ancienne élève. Cette fois-ci, ce sont Raphaël et Simon qui font leur première communion en ce dimanche 09 mai. Oui, c’est vrai, le coup de fil est venu un peu tard, je ne pourrai pas être là : « Mais on compte sur ta prière ce jour-là ! » C’est toujours la même joie d’apprendre les premières étapes des enfants de parents, connus ados ou jeunes étudiants… et qui, maintenant, sentent que pour leurs propres enfants, être de la famille des chrétiens, apprendre à dire « je » dans l’Église, ça compte !
Les jeunes parents sont souvent pudiques sur leur propre foi, mais que de confidences à partir du cheminement de leurs propres enfants. Quelle belle médiation que la confiance de l’enfant pour faire naître la confidence entre adultes…
« Je vous préviens un peu tard mais je suis à Paris ce jeudi soir et, avant mon train pour Lille, on pourrait boire une bière… »
Les obligations professionnelles sont aussi de belles occasions. Nicolas a 24 ans. Son travail, ses projets, les nouvelles des amis communs le rendent bavard, bien plus qu’il ne l’était en cours de français en seconde.
L’heure tourne.
« Au fait, je voulais vous dire (il ne peut pas passer au « tu ») quelque chose qui va vous faire plaisir. Je retourne à la messe de temps en temps le dimanche soir. Je n’ai plus d’excuses, l’heure me convient… et surtout, j’en sens le besoin. »
C’est le moment de payer. Le train n’attendra pas.
Jeune Frère, je me demandais parfois pourquoi les plus anciens aiment ces longs temps de prière personnelle. Je comprends mieux que c’est d’abord le temps de rendre grâce.
Quel bonheur d’être éducateur à plein temps. Il est parfois « un peu tard » pour être présent au jour J. Jamais pour faire offrande à Dieu de ce présent.

À ce moment précis, me voici toujours Frère, peut-être même un peu plus « Frère-de-ceux-qui-votent », quels que soient les résultats. D’accord, pas d’accord avec la majorité ? Sereinement je mettrai en œuvre ce qui a été décidé. Sans regrets, j’espère. Et notre fraternité grandira ainsi.
