Des vies de Frère

F. André-Pierre Gauthier

Frère André-Pierre Gauthier a longtemps enseigné les lettres en lycée, souvent avec une mission de pastorale. Actuellement, il travaille à une thèse de doctorat en théologie à l’Institut Catholique de Lyon. Frère André-Pierre est en communauté à Issy-les-Moulineaux. De là, il n’y a qu’un pas pour la maison provinciale, rue de Sèvres à Paris, où il est engagé dans la formation des adultes du réseau lasallien dans l’équipe du Centre Lasallien Français.

"Excusez-nous, mais on te prévient un peu tard..."

Frère André-Pierre Gauthier - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesUn baptême, une profession de foi ou une confirmation, voilà souvent l’occasion du coup de fil d’un ancien ou d’une ancienne élève. Cette fois-ci, ce sont Raphaël et Simon qui font leur première communion en ce dimanche 09 mai. Oui, c’est vrai, le coup de fil est venu un peu tard, je ne pourrai pas être là : « Mais on compte sur ta prière ce jour-là ! » C’est toujours la même joie d’apprendre les premières étapes des enfants de parents, connus ados ou jeunes étudiants… et qui, maintenant, sentent que pour leurs propres enfants, être de la famille des chrétiens, apprendre à dire « je Â» dans l’Église, ça compte !

F. Georges Métayer et un jeune - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennes Les jeunes parents sont souvent pudiques sur leur propre foi, mais que de confidences à partir du cheminement de leurs propres enfants. Quelle belle médiation que la confiance de l’enfant pour faire naître la confidence entre adultes…

« Je vous préviens un peu tard mais je suis à Paris ce jeudi soir et, avant mon train pour Lille, on pourrait boire une bière… Â»

Les obligations professionnelles sont aussi de belles occasions. Nicolas a 24 ans. Son travail, ses projets, les nouvelles des amis communs le rendent bavard, bien plus qu’il ne l’était en cours de français en seconde.

L’heure tourne.

Frères en prière - des vies de Frères, le blog des frères des écoles chrétiennes« Au fait, je voulais vous dire (il ne peut pas passer au « tu ») quelque chose qui va vous faire plaisir. Je retourne à la messe de temps en temps le dimanche soir. Je n’ai plus d’excuses, l’heure me convient… et surtout, j’en sens le besoin. Â»

C’est le moment de payer. Le train n’attendra pas.

Jeune Frère, je me demandais parfois pourquoi les plus anciens aiment ces longs temps de prière personnelle. Je comprends mieux que c’est d’abord le temps de rendre grâce.

Quel bonheur d’être éducateur à plein temps. Il est parfois « un peu tard Â» pour être présent au jour J. Jamais pour faire offrande à Dieu de ce présent.

Un Chapitre, quelle histoire !

Frère André-Pierre Gauthier - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesLes Frères de France sont en Chapitre… En ce début février, nous voici à mi-chemin entre la session de Noël et celle de début mars. Comme tous les quatre ans, nous essayons de prendre les décisions les meilleures pour écrire quelques pages de notre histoire pour les années « avenir ».

Un Chapitre, c’est surtout un temps de « discernement ». Traduction : nous y parlons, nous nous y parlons beaucoup, et même nous refaisons l’Institut, le réseau lasallien, l’Église… Et c’est plutôt assez bien réussi ! Puis, nous passons aux votes ! Et là, quelques hésitations, voire quelques craintes, surgissent. Les miennes d’abord. Un sentiment nous traverse : notre avenir est un peu en jeu, le mien aussi.

Frère André-Pierre Gauthier - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennesÀ ce moment précis, me voici toujours Frère, peut-être même un peu plus « Frère-de-ceux-qui-votent », quels que soient les résultats. D’accord, pas d’accord avec la majorité ? Sereinement je mettrai en Å“uvre ce qui a été décidé. Sans regrets, j’espère. Et notre fraternité grandira ainsi.

Ce Chapitre m’apprend que l’on grandit parce et par ce que l’on donne, et aussi parce et par ce que l’on « perd ». Apprendre à devenir « frères », c’est apprendre à perdre, mais c’est aussi, et, dans le même temps, apprendre qu’on ne gagne jamais « contre ». Demain matin la mission nous appelle, ensemble.

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