Des vies de Frre

F. Robert Blanchard

Le Frère Robert BLANCHARD est né en 1931.

Il a fait son noviciat en 1947-48 et sa Profession perpétuelle en 1956.

A partir de 1960 il a, successivement, enseigné durant 7 ans au Lycée Professionnel et Technologique de la Baronnerie près d’Angers ; été directeur du scolasticat français durant 3 ans ; été Visiteur du district atlantique durant 9 ans ; été directeur de lycées professionnels et technologiques durant 16 ans. Il a terminé sa carrière professionnelle comme directeur, durant 5 ans, d’Avenir Jeunes Reims. Il a été ensuite responsable d’une communauté de Frères retraités durant 9 ans.

Depuis 2009 il est en communauté à Angers.

Résonances

Élèves dans un atelier, des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles Chrétiennes

Frère Robert Blanchard, des vies de Frère, le blog des Frères Écoles ChrétiennesSuite aux blogs des Frères Dominique Dubus (10 juin) et Vincent de Léglise (30 mai), je me dis qu’il serait intéressant d’écouter d’autres Frères, racontant simplement, comme eux, des moments de « bonheur éducatif » éprouvés au cours de leur carrière.

Je m’y essaie donc moi-même, en espérant que d’autres, nombreux, prendront le relais.

Etant directeur d’un lycée technologique et professionnel, je faisais remettre une carte de vœux à chaque élève au jour de ses 18 ans. Et je me rappelle la visite d’un de ces élèves de BEP chaudronnier, « osant » venir à mon bureau pour me dire merci en ajoutant que j’avais été la seule personne à lui souhaiter un bon accès à la majorité. Etant directeur d’un autre lycée technologique et professionnel, je m’étais fait, une année, un devoir de passer dans toutes les classes (de la 4° techno aux BTS 2° année) pour leur dire, avec mes mots, le sens de la fête de Noël, puis celle de Pâques. Le professeur étant présent, je passais au début des cours, pour ne pas trop prendre sur son temps. Mon intervention ne durait que quelques minutes. Le soir de ces journées j’éprouvais un sentiment de grande joie : celle, je pense, d’avoir, à ces moments-là, en quelque sorte « collé explicitement » avec ma raison d’être Frère.

Broderie De la Salle, des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles Chrétiennes

N’allez pas croire, généralisant ce que j’ai écrit ci-dessus, que je sois particulièrement fier de ma vie active ! Quand j’y pense, c’est plus souvent « Kyrie eleison » que « Gloria » qui monte à mes lèvres. Mais peut-être est-il bon de reconnaître que le Seigneur peut réaliser de belles mélodies avec de piètres instruments … ; j’ajoute que Dieu me garde de penser que Dominique et Vincent soient de piètres instruments !

Et maintenant, d’autres belles mélodies ?

Une très grande nécessité

Frère Robert Blanchard, des vies de Frère, le blog des Frères Écoles ChrétiennesLa Fraternité Educative La Salle … « une très grande nécessité ? » (Règle 1718 Ch. 1)

« une très grande nécessité », c’est l’expression utilisée par le Fondateur à propos de son Institut.  Il était évident, à la vue des résultats éducatifs des premières écoles chrétiennes, que leur disparition aurait été un manque considérable pour les « artisans et les pauvres » et aussi pour l’Eglise et la société civile.

Dans la méditation pour la fête de St Louis, au début du 18° siècle, le Fondateur écrit :  « Vous devez joindre, dans votre emploi, le zèle du bien de l’Eglise avec celui de l’Etat, dont vos disciples commencent d’être et doivent être un jour parfaitement les membres. Vous procurez le bien de l’Eglise en les faisant de véritables chrétiens et en les rendant dociles aux vérités de la foi et aux maximes du saint Évangile. Vous procurez le bien de l’Etat en leur apprenant à lire et à écrire et tout ce qui est de votre ministère, eu égard à l’extérieur. Mais il faut joindre la piété avec l’extérieur, sans quoi votre travail serait peu utile. »

Dans son amour pour les « enfants des artisans et des pauvres », le Fondateur a voulu pour eux des éducateurs les plus qualifiés possibles, tant professionnellement que spirituellement.

Je risque une interprétation sur les termes et le sens de la phrase soulignée :

- la « piété » correspondrait à ce que j’appelle la qualification spirituelle.

- l’ « extérieur » correspondrait à ce que j’appelle la qualification professionnelle.

- « Le travail est utile » dans la mesure certes, où chaque qualification est excellente, mais aussi dans la mesure où les deux sont « jointes ».

Visuel de la Fraternité éducative La Salle, des vies de Frère, le blog des Frères des Écoles ChrétiennesOn pourrait alors en conclure que notre amour des jeunes nous invite à progresser à la fois « professionnellement » et « spirituellement » (quel que soit le point d’où nous partons et en sachant que personne n’est jamais arrivé au top de la qualification !) en écho à cette réflexion de Paul VI adressée au Conseil des Laïcs en 1974 : « Les hommes d’aujourd’hui ont plus besoin de témoins que de maîtres. Et lorsqu’ils suivent des maîtres, c’est parce que leurs maîtres sont devenus des témoins. »

S’il en est ainsi pour chaque membre de la Fraternité, nul doute que les résultats éducatifs en seront évidents. Alors, cette Fraternité Educative La Salle sera reconnue comme d’une « très grande nécessité », pour les jeunes, pour la société civile, l’Enseignement catholique et l’Eglise.