Ouf ! Nous y voilà .
Il est souvent utile de se pencher sur le sens des mots que nous employons quotidiennement sans en mesurer la portée. Le mot vacances est de ceux-là . Le dictionnaire parle d'"absence de travail ordinaire", ce qui laisse entendre que rien n'interdit de se livrer à un "travail extraordinaire" pendant les vacances. C'est sûrement pour justifier nos velléités de garder soigneusement pour ce temps le gros jardinage, la lecture des oeuvres que nous avons laissées de côté, le rangement du garage... Et si nous n'y arrivons pas, ce n'est pas grave : nous reporterons tout cela aux prochaines vacances, la vie, d'ici là , pouvant se contenter du travail ordinaire.
Je suis frappé par la connotation juridique du terme : les vacances judiciaires sont la période pendant laquelle on arrête de juger. Cela tombe bien : à peine les bleus lynchés, un ministre est déjà dans le collimateur pendant que l'on exhume, en Belgique, des Évêques qui pourraient avoir emporté dans la tombe des secrets compromettants... Stop ! S'arrêter de juger, de participer aux petits procès du quotidien à travers nos conversations, d'écouter les médias qui se déchaînent, peut-être le plus salutaire répit. N'avoir à juger que de la température de l'eau avant la baignade ou du temps nécessaire à la promenade va nous mettre en repos total.
Comme contaminé par le sens juridique du mot, le Petit Robert définit les vacances scolaires comme le temps pendant lequel les écoles "rendent leur liberté aux élèves". Profitons bien de cette libération, et bon courage à ceux qui attendent les résultats -pour filer la métaphore- de leur "mise en examen".
C'est dans toutes ces dimensions que je vais essayer de vivre ce moment qui s'ouvre devant moi, que je vous invite à le vivre également : beaucoup de liberté, un peu de travail extraordinaire et, surtout, une absence totale de jugement...
Bonnes vacances !

Faut-il se laisser gagner par la lassitude devant cette apparente immobilité de l'histoire? Sûrement pas ! La bonne nouvelle de Noël tient à cela que c'est précisément cette condition humaine blessée, cabossée... que Dieu lui-même vient éprouver de l'intérieur. Non pour l'exalter, au point qu'il deviendrait enviable d'expérimenter le pire au prétexte qu'Il l'a connu, mais bien pour dénoncer ce qui abaisse l'homme et nous le faire dénoncer, pour rendre ce monde plus habitable et digne de l'homme parce qu'il a été digne de Lui. La tâche est-elle démesurée? Si nous avons des rêves immenses et des impatiences mal maîtrisées, sûrement ! La plus mauvaise manière serait d'oublier de faire chaque jour ce qui est à notre portée en se réservant pour un grand soir qui, par définition, est toujours pour demain. L'âne et le boeuf sont dans nos crêches pour nous le rappeler : incapables de sauver l'humanité, ils se sont contentés du modeste rôle de radiateurs soufflants (il est sûr qu'avec une pneumonie, Jésus démarrait encore plus mal !).
