Des vies de Frre

Nous sommes des gens de passage

Vignes, vers une nouvelle mission, Frère Jacques-Vincent le Dréau- des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennes

Frère Jacques Vincent le Dréau  - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennes"Yahvé dit à Abraham : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai. »" Gn 12, 1

Après avoir passé six années au "Likès", comme responsable de l’internat, je prends ma retraite et il m’est demandé de quitter Quimper pour me rendre dans une communauté à Paris dans le XIIIème. Pourquoi partir en août 2012 ? On pouvait se poser la même question en août 2006 quand je quittais Lyon, en août 2001 en quittant Reims, où en août 1993 à mon départ d’Alexandrie… alors que dans ces différents lieux, je m’y sentais bien et que j’y prenais vraiment racines.  

Je pense que ces départs sont propres à la vie religieuse que nous avons choisie à la suite de l’appel du Christ, pour être dans le monde, Frère de nos Frères et grand Frère des jeunes vers qui nous sommes envoyés. Mon départ n’est pas une fuite, un refus de responsabilités, un caprice ; comme religieux nous sommes des gens de passage, nous savons que l’on ne s’installera pas, mais qu’il nous faudra donner le maximum et qu’un jour, il nous sera demandé d’aller plus loin pour une autre mission. Oui, nous sommes réellement Fils d’Abraham, et comme lui, il nous faut partir vers le pays qui nous est indiqué.  

Je quitte Quimper, la mer, la plage, le bateau, la planche à voile… pour Paris, on pourrait penser que le contraire aurait été plus approprié… Ma future mission, un service pour la congrégation, la préparation des JMJ de Rio au Brésil, de la pastorale, de l’écoute et je pense continuer un travail, déjà commencé, en sciences de l’éducation vers un doctorat. La liste n’est pas close et il faut s’attendre à d’autres propositions.  

Durant ces années j’ai été très heureux avec les jeunes de l’internat, les jeunes du collège rencontrés en catéchèse et avec les adultes de l’établissement.  

J’ai eu l’occasion de rencontrer des jeunes pour qui la foi fait partie de la vie. J’ai aussi échangé avec des jeunes qui se posent des questions sur la foi et d’autre se disant athées. La rencontre avec tous ces jeunes a toujours été très riche, respectueuse, et en toute vérité. N’ayons pas peur de la rencontre et de l’échange avec ces jeunes, nous sommes là pour eux, ce sont eux qui justifient notre présence dans cet établissement, de plus, dans l’ensemble ils sont supers !  

Après six années bien remplies, je partirai avec de bons souvenirs, car j’ai vécu des moments forts avec les jeunes et les adultes, tant sur le plan spirituel, que humain et amical. Je ne peux tourner la page froidement. Demain je serai à Paris pour X année(s) avant de continuer ma route vers le pays que l’on me montrera, pour une autre mission, à la suite d’Abraham, à la suite du Christ. Croyez que je ne vous oublierai pas et que vous aurez une place dans mes pensées et ma prière.  

 MERCI.

Un pour mille

Adultes du Réseau La Salle en temps de réflexion autour du Projet éducatif lasallien, des vies de Frères, le blog des Frères des Écoles Chrétiennes

Frère André-Pierre Gauthier - des vies de Frère, le blog des frères des écoles chrétiennes

À la rentrée scolaire de septembre 2011, les statistiques du Réseau La Salle présentaient deux chiffres éloquents : sur les 13 000 adultes qui travaillent dans les quelque 124 oeuvres d'éducation lasalliennes, 13, j'ose dire 13 seulement, sont des Frères. Un pour mille.

Mais les statistiques exigent une seconde lecture, celle de ces centaines, voire de plusieurs milliers d'entre eux, qui découvrent dans l'acte éducatif, relue dans la foi chrétienne et/ou à l'aune de leur générosité, souvent à la lumière de l'itinéraire de Jean-Baptiste de La Salle et des Frères, une expérience vitale pour eux-mêmes, un appel à bousculer leur conception du métier et du jeune, voire leur conception de l'Évangile et de l'Église.

L'École catholique devient pour de nombreux laïcs, quels que soient leur rapport à la foi et leur situation personnelle, un espace - et ces lieux ne sont pas si nombreux dans l'Église et la société - où, dans la patience des jours, un sens à la vie peut être proposé, dans le respect des histoires et des réponses personnelles.

Religieux, qu'est-ce que cela change de ma présence comme enseignant, de ma présence au monde ? Je pense que ma vocation m'invite à goûter la fidélité de Dieu et à rester fidèle aux jeunes et aux adultes jusqu'au bout, dans la durée et dans le partage d'une humanité commune qui ne doit craindre d'exprimer ni son émotion ni son indignation, ni sa tendresse ni l'utopie de son espérance.

Si, comme l'écrit Georges Bemanos «le diable est un ami qui ne reste pas jusqu'au bout», alors, au nom de Jésus, comme Frère, je me dois de rester jusqu'au bout présent aux jeunes et aux adultes.

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