Lorsque je suis rentré chez les Frères, ça n’était pas pour rentrer dans la petite communauté qui tenait l’école primaire de mon village ; je suis rentré « chez les Frères » c’est à dire dans un Corps religieux d’Eglise.
Bien sûr je n’en avais pas toute conscience ; c’est la vie qui instruit…
D’autant qu’une communauté de Frères est très particulière. Elle n’est pas simplement une fraternité, car les Frères sont en même temps « frères des jeunes » auxquels ils sont envoyés. La communauté des Frères est toute aimantée par son projet missionnaire d’éducation.
Et cela relativise bien des petites difficultés de la vie en commun. La communauté n’est pas là d’abord pour le bien vivre, le support mutuel voire la correction fraternelle…Nous prions ensemble…en vue de la mission ; nous nous formons ensemble… en vue de la mission ; nous nous acceptons différents et complémentaires… toujours orientés vers la mission ; et les jeunes à éduquer sont toujours présents.
Grâce à Dieu j’ai toujours été dans une communauté ainsi « finalisée » qui empêche de se braquer sur ce qui est secondaire. Nous étions créateurs à Lyon Croix Rousse, créateurs à Grenoble, créateurs à Ste Barbe-St Etienne et à Quimper….
Grâce à Dieu également j’ai eu pas mal de « courants d’air » internationaux : 4 ans d’études à Rome, 10 ans de responsabilités dans la coopération internationale au service des petites communautés qui créent, en Afrique ou en Asie, des réponses significatives aux besoins locaux d’éducation humaine et chrétienne.
Et même les dix années de Visiteur au service des communautés implantées dans le Centre-Est de la France, communautés qu’il fallait faire vivre ensemble jusqu’à des choix draconiens pour que ces communautés restent significatives en nombre et en qualité au service de la mission. ; tout est grâce !
C’est dire que les vœux d’Association et d’Obéissance fondent et la communauté locale et la communauté d’Institut.

Les Frères de France sont en Chapitre… En ce début février, nous voici à mi-chemin entre la session de Noël et celle de début mars. Comme tous les quatre ans, nous essayons de prendre les décisions les meilleures pour écrire quelques pages de notre histoire pour les années « avenir ».
À ce moment précis, me voici toujours Frère, peut-être même un peu plus « Frère-de-ceux-qui-votent », quels que soient les résultats. D’accord, pas d’accord avec la majorité ? Sereinement je mettrai en œuvre ce qui a été décidé. Sans regrets, j’espère. Et notre fraternité grandira ainsi.
